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developmental editing

Note: you’ll find the English version of this blog post below the French version.

Si vous avez regardé mes stories sur Instagram, vous savez que j’ai suivi une formation en Developmental Editing pendant l’été via l’Université de Californie Los Angeles. Dans cet article, je vous explique ce qu’est le Developmental Editing (mais aussi le Line Editing), à  quoi ça sert et je vous parlerai aussi de la formation que j’ai suivie. Comme j’ai effectué cette formation avec les États-Unis, je vous proposerai donc une vision anglo-saxonne de l’édition. Je tiens à préciser que cet article reflète l’état de mes connaissances actuelles sur le sujet à l’issue de cette formation. De plus, il y a probablement des choses que d’autres developmental editors font différemment.

1) Qu’est-ce que le Developmental Editing (et le Line Editing) ?

Le Developmental Editing permet de repérer les problèmes « généraux » dans un manuscrit (fiction, mémoires, etc.). Dans les pays anglo-saxons, il existe des « freelance editors » qui proposent leurs services aux auteurs à la recherche d’un agent littéraire ou d’une maison d’édition, aux écrivains qui souhaitent s’autoéditer, mais aussi à de petites maisons d’édition qui font appel à des personnes externes pour cette tâche. Dans cet article, je vais m’intéresser aux freelance editors et non pas aux éditeurs qui travaillent dans des maisons d’édition.

Un developmental editor va notamment s’intéresser aux personnages, à leur évolution, à l’intrigue et à la structure du manuscrit, à la tension, au conflit, à l’utilisation des points de vue, à la cohérence du récit (Commence-t-on par une histoire et finit-on sur une autre ? Répond-on à toutes les questions ?), etc. Contrairement à une bêta-lecture, le Developmental Editing implique de proposer des suggestions de modifications sans obliger l’auteur à aller dans telle ou telle direction. Il pourra également fournir un service de Line Editing qui consiste quant à lui à commenter et à annoter le texte ligne par ligne. Ce service étant très cher, il peut le proposer sur un ou deux chapitres afin de pointer du doigt des exemples de ce qui peut être amélioré plutôt que sur l’ensemble du manuscrit.

2) Comment le developmental editor travaille-t-il ?

Le Developmental Editing n’est ni une bêta-lecture ni une critique de manuscrit ni une correction (orthographe, grammaire, etc.). En effet, il va beaucoup plus en profondeur qu’une bêta-lecture ou une critique. Un groupe de critique et des bêta-lecteurs commentent généralement le texte avant qu’il ne soit envoyé au developmental editor afin que le manuscrit soit prêt pour cette étape qui intervient avant la correction. En moyenne, il faut compter 20 à 40 heures de travail sur un manuscrit et un developmental editor a besoin de temps de pause et de réflexion, ce qui explique que le coût soit élevé (il peut atteindre plusieurs milliers de dollars selon la longueur, la difficulté et selon le service choisi).

Tous les developmental editors ne travaillent pas exactement de la même façon, mais un developmental editor lit en principe plusieurs fois le manuscrit. Il peut soit annoter le manuscrit soit créer une « story map » qui va permettre d’avoir un aperçu des éléments qui peuvent poser problème ou proposer une « beat sheet ». Une story map peut par exemple reprendre chapitre par chapitre tous les personnages présents, ce qu’il se passe dans chaque chapitre de manière globale, les questions posées, mais aussi une « beat sheet » (qui n’a aucun lien avec celle de Save the Cat) reprenant tous les « actions » de chaque chapitre. De plus, le developmental editor fournit à l’auteur une lettre d’une dizaine de pages reprenant élément par élément ce qui fonctionne bien mais aussi ce qui peut être amélioré pour aider l’auteur à atteindre sa vision de l’œuvre (personnages, rythme, points de vue, structure, etc.).

Avant de commencer à travailler sur le manuscrit, il organise un rendez-vous avec l’auteur pour connaître ses attentes, puis une fois la lettre, la story map et les chapitres annotés (line edits) rendus, il organise un deuxième rendez-vous pour répondre à toutes ses questions.

3) Le Developmental Editing, à quoi ça sert ?

Vous l’aurez compris, le Developmental Editing et le Line Editing aident l’auteur à retravailler son manuscrit et à le faire briller. Il n’est pas possible de finaliser votre manuscrit sans le faire lire à des personnes extérieures (en tant qu’auteur, vous êtes trop proche de votre manuscrit pour en voir les défauts) et votre manuscrit n’est certainement pas terminé à la fin du premier brouillon (j’en parlais d’ailleurs dans cet article). Pour les écrivains qui souhaitent s’autoéditer, l’étape du Developmental Editing est particulièrement recommandée puisqu’ils ne bénéficieront pas de l’accompagnement d’une maison d’édition.

4) Ma formation en Developmental Editing

J’ai donc suivi une formation en Developmental Editing via l’UCLA qui s’est terminée il y a quelques jours. J’ai eu l’occasion de pouvoir travailler sur un projet de Developmental Editing. Nous avons d’abord été amenés à sélectionner un manuscrit parmi une dizaine. Il fallait repérer quel manuscrit était prêt pour l’étape du Developmental Editing. Nous avons finalement sélectionné un manuscrit qui présentait un véritable challenge, puisqu’il s’agissait de mémoires (genre que je connais très mal) et les sujets abordés étaient assez sensibles. De plus, le manuscrit était assez expérimental, puisqu’il ressemblait un peu à une collection d’essais.

Une fois le manuscrit choisi, nous avons été amenés à le lire et à donner notre avis. Ensuite, nous avons travaillé sur la story map pour « cartographier » le manuscrit et mettre en évidence ce qui posait problème.

Nous avons ensuite organisé une rencontre avec l’auteure. Étant donné le décalage horaire avec la Californie, je n’ai malheureusement pas pu y assister en direct, mais le but était de poser un certain nombre de questions à l’auteure pour savoir dans quelle direction elle voulait aller et ce qu’elle attendait de nous.

Après cette étape, j’ai relu le manuscrit pour prendre davantage de notes et j’ai commencé à rédiger ma lettre. C’était la partie du travail la plus longue, puisqu’une fois les éléments repérés, il fallait les organiser par problématique et proposer des suggestions, mais aussi présenter les commentaires en prenant bien soin de ne pas donner l’impression d’attaquer l’auteur. Il fallait à la fois indiquer les forces et les faiblesses du manuscrit.

Une fois cette étape terminée, je suis passée au Line Editing. J’ai choisi un chapitre et je l’ai annoté à la fois avec des commentaires et avec le suivi des modifications.

La dernière étape consistait à rencontrer l’auteure une nouvelle fois pour répondre à toutes ses questions.

Le Developmental Editing est un métier que je trouve passionnant et je suis ravie d’avoir pu suivre cette formation. J’envisage de proposer prochainement ce type de services. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser dans les commentaires.

Vous avez envie de vous lancer dans l’écriture d’un roman ou d’une nouvelle mais vous ne savez pas par où commencer ? Vous n’arrivez pas à trouver la motivation ? Je vous propose des ateliers d’écriture créative en ligne pour ados et pour adultes. L’atelier pour ados a débuté le 16 septembre, mais vous pouvez encore nous rejoindre. Quant à l’atelier Bifrost, module Fantasy et science-fiction, il démarre le 27 septembre prochain. Vous vous demandez si ces ateliers sont faits pour vous ? N’hésitez pas à vous abonner à la Newsletter en cliquant ici pour recevoir une vidéo gratuite de 25 minutes vous expliquant les bases de l’écriture de fiction. Cette vidéo est disponible pour une durée limitée.

***

English version

What is Developmental Editing?

If you follow me on Instagram, you know I took an online Developmental Editing class through UCLA during the summer. In this blog post, you’ll learn what Developmental Editing (and Line Editing) are, how it can help you as a writer, and I’ll tell you a little bit more about the online class I took. Note that this blog post includes information I’ve learned so far. Besides, some developmental editors might work differently.

1) What is Developmental Editing (and Line Editing)?

Developmental Editing focuses on the big picture in a manuscript (fiction, memoir, non-fiction…). There are freelance book editors who work with writers looking for an agent or a publisher, writers who wish to self-publish their books, but also with small publishing houses who might hire freelance editors as well. In this blog post, I’m going to focus on freelance book editors, not on in-house editors who work for publishing houses.

Among other things, developmental editors check the characters and their character arcs, the plot, the structure of a manuscript, tension, conflict, use of point of views, consistency. They might ask questions like: does the manuscript begin with one story and end with another one? Are all the questions answered? Unlike a beta-reader, the developmental editor makes suggestions without forcing the author to go in a certain direction. Developmental editors can also do line editing. In this case, they leave comments in the manuscript and use track changes. This service is very expensive, so developmental editors can work on one or two chapters (for the line edits) instead of the whole manuscript to point at examples of things that could be improved.

Developmental Editing is neither beta-reading nor a critique sent by your critique partner nor copyediting (spelling, grammar…). Indeed, Developmental Editing goes beyond beta-reading or critiques. Critique groups and beta-readers usually send their comments before a developmental editor works on the manuscript so that the manuscript is ready for the developmental editing phase that takes place before the copyediting phase. In average, developmental editors will work on a given manuscript for 20 to 40 hours and they also need time to reflect on the manuscript as well as some time off, which explains why this service is expensive (depending on the length, the complexity of the manuscript and the level of service, it can cost up to several thousand dollars).

2) How do developmental editors work?

Each developmental editor might have their own process, but they usually read a manuscript several times. They can leave in-text comments or create a story map that will allow them to have an overview of the issues of a manuscript. A story map might for instance include all the characters in each chapter, what the main idea of the chapter is, the questions that are raised, but also a beat sheet (that has nothing to do with the Save the Cat beat sheet) containing all the actions in a given chapter. Moreover, developmental editors write an editorial letter (10 pages in average) listing different elements of the story (characters, rhythm, POVs, structure, plot…), with what works and what doesn’t to help the author achieve their vision of the book.

Before they start working on a project, they set up a meeting with the author to learn more about their expectations, and after they deliver the editorial letter, the story map and the line-edited chapters, they set up a second meeting to answer their questions.

3) How can Developmental Editing help writers?

Developmental Editing and Line Editing help writers revise their manuscripts and make them shine. As a writer, you can’t finish your manuscript without having a few people look at it (you can’t see the forest for the trees), and your manuscript is certainly NOT finished once you’ve written the first draft. Hiring a Developmental Editor is particularly recommended if you’re a writer who wish to self-publish your book, because you won’t get the help a publishing house provides.

4) The Developmental Editing class I took

I took a Developmental Editing class through UCLA that ended a few days ago and had the opportunity to work on a developmental editing project. First, we had to select one manuscript among a dozen others. We had to choose one that was ready for the developmental editing phase. We ended up selecting a manuscript that was quite challenging, because it was a memoir (a genre that I’m not familiar with) and the topics addressed in the book were quite sensitive. Moreover, the manuscript was rather experimental, because it looked a bit like a collection of essays.

After choosing the manuscript, we read it and discussed it. Then we worked on the story map to highlight worry areas.

Once the story map was ready, we set up a meeting with the author. Because of the time difference (I’m nine hours ahead of California), I couldn’t attend the meeting and had to watch the video afterwards. The goal was to ask questions to the author to learn more about her vision of the book and to know her expectations.

After this step, I reread the manuscript to take more notes and I started writing an editorial letter. That was the longest part of the “job”, since once I’d identified what worked and what didn’t, I had to organize the editorial letter and make suggestions, and I had to write my letter in a way that didn’t make the author feel like I was attacking her.

Once this step was completed, I line edited one chapter. I chose a chapter and left in-text comments, and I also used track changes.

Our last step was another meeting with the author to answer all her questions.

Developmental Editing is a job that I find fascinating and I’m so glad I could take this class. I’m certainly going to offer editorial services in the near future! If you have any questions, please leave them in the comments.

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